Renchérir le vin sans soulager la viticulture suisse
11 juin 2026
Le Conseil fédéral souhaite désormais attribuer les droits d’importation de vin en fonction de prestations favorables à la production suisse et non plus selon le principe « premier arrivé, premier servi ». SWISS RETAIL FEDERATION est fermement opposée à cette modification de l’ordonnance sur le vin. Le nouveau régime de répartition du contingent tarifaire se traduirait par une hausse générale des prix du vin, affaiblirait la concurrence et alourdirait la charge administrative des commerçants. Un tel projet pénalise les consommateurs et les entreprises sans résoudre les problèmes de la branche viticole suisse !
Le recul de la consommation de vin dans nos sociétés pose incontestablement des défis au secteur. Il touche aussi bien les vins suisses que les vins étrangers et traduit une évolution longue des habitudes de consommation. Mais la modification proposée par le Conseil fédéral ne s’attaque pas aux causes du problème et il est évident que ceux qui souhaitent boire un vin italien, espagnol ou portugais ne se tourneront pas automatiquement vers des vins suisses si les prix augmentent. De plus, il y a des années déjà que le contingent tarifaire existant se renouvelle sans être épuisé, de sorte qu’objectivement, un changement de système n’a pas de raison d’être. Pour SWISS RETAIL FEDERATION, aucune base sérieuse ne justifie un chamboulement d’une telle ampleur.
« Ce projet s’attaque aux symptômes et non aux causes. Le renchérissement des vins importés ne fera pas automatiquement progresser la demande de vins suisses. Au contraire, le vin devenant globalement plus cher pour les consommateurs, il pourrait encore accentuer le fléchissement de la consommation », signale Patrick Erny, directeur de SWISS RETAIL FEDERATION.
Hausse des prix et bureaucratie alourdie !
La nouvelle réglementation proposée se traduirait par un fort renchérissement des vins importés. Selon les estimations de la branche, il faut s’attendre à des hausses sensibles, en l’occurrence de plus d’un franc à deux francs par bouteille selon les catégories. Les vins bon marché des segments d’entrée et de milieu de gamme seraient particulièrement touchés. Pour de nombreux marchands de vins et entreprises du commerce de détail, le projet entraînerait des coûts supplémentaires annuels se chiffrant en millions.
De plus, il alourdirait la charge administrative, obligeant les entreprises à se plier à un système d’attribution de quotas plus compliqué, qui pèserait sur la planification des achats et de l’assortiment et occasionnerait un surcroît de dépenses administratives et de contrôle.
Rude épreuve pour la concurrence et le marché intérieur
Pour SWISS RETAIL FEDERATION, ce projet pose également problème d’un point de vue de politique fondamentale. Le système actuel fonctionne bien. Il garantit la concurrence et assure un large choix de vins à des prix équitables. Au contraire, le nouveau règlement prévu désavantage certains acteurs du marché et crée de nouvelles barrières d’entrée, sans avantage perceptible pour la branche. En renforçant le pouvoir de négociation des entreprises qui achètent et vinifient des raisins suisses, le projet favorisera le commerce des quotas au détriment d’un commerce du vin qui fonctionne convenablement.
Enfin, la hausse des prix en Suisse stimulerait encore le tourisme d’achat et les commandes en ligne à l’étranger. Sans compter que le renchérissement de l’offre risquerait d’accélérer encore la baisse déjà sensible de la consommation de vin. Au final, c’est toute la gamme de produits qui en pâtirait, vins suisses compris.
En un mot, « ce projet entraînera une hausse des prix et alourdira les formalités administratives, sans renforcer la viticulture suisse », conclut Patrick Erny.
Lien vers la prise de position (en allemand).


